Accueil des Mineurs isolés en Isère : nous demandons la création d’une mission d’information

L’accueil des Mineurs Non Accompagnés (MNA), jeunes migrants qui viennent en France pour des raisons liées à la guerre, à l’espoir d’une vie meilleure, à des conditions climatiques aussi, est un sujet d’actualité tout à fait important pour les départements aujourd’hui et notamment pour le Département de l’Isère. En effet, le nombre de jeunes se déclarant mineurs et arrivant sur le Département a quasiment été multiplié par 10 en trois ans : 140 jeunes en 2014, 1238 en 2017.

Au titre de la loi relative à la protection de l’enfance, l’accueil et l’hébergement de ces jeunes relèvent des départements, qui doivent tout mettre en œuvre pour les accueillir dans des conditions dignes. La croissance du nombre de jeunes arrivants nécessite une mobilisation importante des services du Département : pour évaluer leur âge, trouver des solutions d’hébergement («  de mise à l’abri »), les accompagner individuellement et dans leur scolarité. Tout cela en continuant d’assurer les missions  « traditionnelles » de protection de l’enfance. Des budgets importants ont été mobilisés (14,2 millions d’euros au BP 2018) et c’est bien normal, pour faire face à une situation que l’on s’accorde tous à considérer comme exceptionnelle.

Parce que la situation est précisément exceptionnelle, et c’est une réalité que nous ne contestons pas, l’ensemble des élus de l’opposition départementale a demandé au Président du Département, comme notre règlement intérieur le permet, la création d’une mission d’information sur le sujet. A situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel.

Il ne s’agit pas d’une mission politique ou polémique, il s’agit au contraire d’éclairer l’ensemble des conseillers départementaux sur la situation et de construire ensemble des réponses. La réponse qui nous a été faite jusqu’à présent propose de mettre à l’ordre du jour du comité d’évaluation des politiques publiques du Département, obligatoire par la loi, le sujet.

Mais cela n’a rien à voir avec ce que nous demandons :

  • il ne s’agit pas uniquement de dresser un état des lieux de la situation, mais de construire ensemble des réponses qui soient aussi qualitatives. Il s’agirait d’auditionner des jeunes, des familles d’accueil, des partenaires institutionnels et associatifs, de mener un véritable travail d’investigation. Donc pas uniquement des informations descendantes de la part des services départementaux, mais un travail d’investigation, ouvert sur l’extérieur, permettant de partager, et de mettre fin aux rumeurs qui peuvent circuler sur le sujet. De nombreux témoignages nous remontent, à tous, de la part des jeunes, de la part de certains membres associatifs…sur la situation de la prise en charge. Si personnes ne doutent des moyens importants qui sont mobilisés, il y a des interrogations sur l’efficacité et la manière de les utiliser.
  • Au-delà des la photographe à l’instant T de la situation, 750 jeunes sont aujourd’hui « reconnus MNA » en Isère, comment gère t-on cette file active ? quid de la scolarisation ? quid de la sortie du dispositif : que se passe t-il une fois que les jeunes deviennent majeurs, quel accompagnement, comment ?
  • Une mission d’information, véritable outil d’investigation, pourrait permettre de donner une vision transparente et indépendante, et formuler des propositions partagées par le pus grand nombre, au sein de la collectivité, mais aussi avec les autres partenaires comme avec les jeunes eux-mêmes.

Nous demandons au Président du Département de considérer notre demande, à l’occasion de la séance de l’assemblée départementale qui a lieu le 30 mars, comme une main tendue pour travailler ensemble et en partenariat sur la question des Mineurs Non Accompagnés.