l’action sociale victime du populisme, les orientations budgétaires 2017 du Département

Vendredi 18 novembre, nous avons débattu des orientations budgétaires du département pour l’année 2017, avant le vote du budget qui interviendra en décembre.

Au sein du groupe socialiste nous prenons acte avec satisfaction d’un certain nombre d’orientations envisagées, et notamment la réorientation du plan de relance vers la rénovation de nos établissements pour personnes âgées et handicapées.Si l’Isère, sous la majorité précédente, a beaucoup équipé notre département en Ehpad neufs et innovants, il fallait s’attaquer à la rénovation des plus anciens. Nous souhaitions le faire et ne pouvons qu’encourager cette décision.

Par contre, nous ne pouvons partager les autres orientations en matière d’action sociale. Ces orientations favorisent la division de la société, en opposant les âges, en opposant les publics…c’est l’égalité des chances auprès des plus précaires, de ceux qui précisément ont le plus besoin de l’action publique, qui est abandonnée. 

Dans le budget 2016, 3 millions d’euros ont été supprimés en direction des jeunes qui ont besoin de l’action publique pour accéder à l’autonomie (crédits amputées pour les missions locales, la prévention spécialisée, les foyers de jeunes travailleurs…). Ce budget a été réorienté vers les établissements d’accueils des jeunes enfants. Le budget en faveur des crèches a ainsi été porté à 3,5 millions d’euros au total pour l’année 2016. Pourquoi pas, c’est un choix. Personne ne peut être contre le soutien aux crèches et à leur développement, c’est certain.

Mais alors que nous clôturons l’exercice budgétaire 2016 : 2,9 millions d’euros sur les 3,5 dédiés aux crèches n’ont pas été dépensés. Par contre, les associations oeuvrant pour la jeunesse se sont trouvées en grande difficulté. Alors pourquoi avoir sabré dans la hâte, je dirai même massacré, l’action publique en direction des jeunes qui en ont le plus besoin ? Pourquoi mettre ces actions comme les associations qui les mettent en œuvre en grande difficulté ? et surtout pourquoi réitérer ce choix en 2017 ?

Cela relève non seulement d’une gestion budgétaire approximative, mais aussi d’un non sens si l’on veut favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. C’est finalement la même logique qui préside dans le plan départemental d’insertion quand le département sabre les actions d’insertion sociale… Finalement quand on est trop éloigné de l’emploi ou qu’on est un jeune peu qualifié ou en rupture, le département nous laisse tomber. C’est l’égalité des chances auprès de ceux qui sont le plus en précarité qui est abandonné.

Dans ce contexte,  le plan jeunesse ou la convention formation RSA passée avec la Région qui va concernée 200 allocataires du RSA sur les 23 800 (moins d’1% !!) que compte le département ont bon dos…

La formation doit être une priorité pour les allocataires du RSA c’est certain, alors pourquoi la Région Auvergne-Rhône-Alpes a t-elle refusé de s’inscrire dans le plan formation mis en oeuvre par l’Etat et qui aurait touché des centaines de milliers de personnes ? Pourquoi cette convention, qui va toucher moins de 1% des allocataires du RSA est-elle encore prétexte à mettre en avant des sanctions à l’égard des allocataires ? Pourquoi faire de la lutte contre la fraude, qui concerne une part infime d’allocataires, une priorité du programme d’insertion ?

A part faire de la communication et séduire en alimentant les discours populistes, quel impact ? La course folle derrière les discours du front national ne fait que les légitimer au lieu de les combattre. Et pendant ce temps, c’est l’action sociale, et ceux qui en ont besoin, qui sont les grands perdants.