Décision budgétaire du département de l’Isère

L’ordre du jour de la séance publique du Conseil général ce jeudi 20 octobre était consacré à la deuxième décision modificative (DM) budgétaire de cette année 2016. La DM permet deux fois par an de réajuster le budget prévisionnel en fonction des recettes réelles et des prévisions de dépenses (prise en compte de recettes nouvelles, de besoins non anticipés ou redéploiement de certains crédits d’une ligne budgétaire à une autre). La DM ne modifie pas les grands équilibres budgétaires votés chaque année mais permet de réajuster le budget en fonction des recettes et dépenses réelles (pour mémoire, le budget prévisionnel du conseil départemental de l’Isère pour l’année 2016 s’élève à 1,5 milliards d’euros).

Lors de cette DM de fin d’exercice, 14 millions d’euros dont 12.5 d’investissement non consommés sont restitués. Si la nouvelle majorité départementale a beaucoup communiqué sur ses ambitions, force est de constater qu’en fin d’exercice DM2, elle doit procéder à de nombreuses restitution de crédits car certains dossiers ne suivent pas (calendriers prévisionnels et/ou besoins mal estimés) : routes, centres d’entretien routier, maintenance des collèges, …

En termes de gestion, si nous avions fait précédemment le choix de préserver nos futures marges financières, ce n’est pas le choix de la droite qui mobilise le recours à l’emprunt, en dépit d’une conjoncture financière et législative très favorable pour notre collectivité. Si notre situation financière venait à se dégrader, nous ne disposerions que du levier fiscal (l’augmentation des impôts) pour financer les politiques départementales.

En ce qui concerne le périmètre des politiques départementales, la droite a souhaité restreindre nos politiques de solidarité en direction des plus fragiles et en particulier les jeunes : forte baisse des crédits missions locales, prévention spécialisée et insertion sociale, allocation jeune adulte…on compte 3 millions d’euros en moins dans ce budget 2016 en direction des jeunes qui ont le plus besoin d’être accompagnés.

On peut accueillir positivement une restitution de crédits en cette fin d’année budgétaire sur le budget du RSA – du fait de la non-augmentation du nombre de demandeurs (et non de leur diminution malheureusement), liée à la tendance nationale. Mais restons humbles sur cette question ! Comment ne pas trouver indécent de présenter cette situation comme le résultat d’une politique qui, non seulement vient à peine de se mettre en place, mais qui par ailleurs opère des coupes budgétaires sans précédent auprès d’associations qui contribuent à permettre l’accès aux droits !

Les actions d’insertion sociale portées le plus souvent par des associations ont été largement diminuées par le Département…Par ailleurs, la vie  associative est globalement et profondément malmenée par cette majorité, dans tous les domaines : le CIDFF (centre d’information des femmes et familles et de l’Isère) a mis la clé sous la porte, les missions locales sont en grande difficulté, la Maison de la Nature et de l’Environnement est menacée…