Restriction de l’hébergement d’urgence en Isère

Le Département a pour mission et compétence légale l’hébergement d’urgence des femmes seules avec enfants de moins de 3 ans, au titre de la protection de l’enfance. C’est ainsi qu’il conventionne avec différentes associations pour effectuer cette mission. Cela passe par la location de quelques appartements mis à disposition de familles à la rue, mais aussi par la location de chambres d’hôtels pour répondre aux situations d’urgence. Ce sont les travailleurs sociaux du département qui évaluent les besoins et orientent les familles vers les associations susceptibles de les accompagner dans leur parcours.

Lors de la dernière commission permanente du 29 avril, la majorité départementale, à travers sa convention avec l’association La Relève, a fait le choix de restreindre drastiquement le nombre d’appartements mis à disposition, et de supprimer définitivement la location de chambres d’hôtels.

Si l’on peut entendre et être d’accord avec le fait qu’un dispositif hôtelier est coûteux et pas toujours efficient, le supprimer définitivement et brutalement au 30 juin prochain, va créer plusieurs difficultés : des femmes avec enfants à la rue d’abord, et ensuite l’absence de « sas » avant une éventuelle entrée en logement. Pour entrer dans un logement en colocation (encore faut-il qu’il en reste) un travail social important doit souvent être effectué…Maintenir une partie du dispositif hôtelier pour gérer l’urgence s’avère indispensable, même si l’on peut convenir d’une évolution de l’existant. C’est sans compter les familles qui seront mises à la rue et non prises en charge par l’absence de logements.

Quelle est cette conception de la société et des responsabilités publiques que d’estimer qu’il vaut mieux ne pas considérer certaines problématiques plutôt que de les prendre en charge ? Comment imaginer que les restrictions drastiques de l’hebergement d’urgence pour les femmes seules avec enfants, en les laissant à la rue, ne généreront pas d’autres problématiques, encore plus graves pour les individus comme pour la société toute entière ? Au-delà de l’aspect humain, c’est la cohésion sociale et le vivre-ensemble qui en seront affectés.